UN PATRIMOINE TYPIQUE EN REGION DE FONTAINEBLEAU


Le village s'est développé à partir des ressources de la forêt et du fleuve. Il a su tirer partie d'un cadre particulier où il fait bon vivre.


Les bords de Seine à Valvins

L'occupation des bords de Seine est ancienne.
Le port de Samois a servi très tôt à l'embarquement vers Paris du bois de chauffage et des pavés de grès de la Forêt de Fontainebleau.
C'est à Valvins qu'arrivait la cour de France quand le Roi venait séjourner en son château de Fontainebleau.
Le port a accueilli aussi les coches d'eau pouvant être tirées par plusieurs chevaux, bien avant les bateaux à vapeur ou le toueur, lourde barge qui remorquait plusieurs péniches à la fois.
Il a existé aussi jusqu'en 1938 un établissement de bains clôturé où de nombreux enfants de Samois ont appris à nager.

On ne traverse plus depuis longtemps la Seine à gué ou par le bac.
Mais le pont de Valvins a une histoire mouvementée depuis sa construction en 1825 ; il a été maintes fois démoli, reconstruit, modifié, au gré des différents conflits, des progrès techniques et du développement de la circulation. Le pont actuel date de 1977.

Sur la rive gauche de la Seine, à partir du Pont de Valvins, s'étend le très ancien domaine de la Madeleine, divisé entre le château, appelé aussi "Ermitage" et le Moulin, visible des bords de Seine.
A proximité se trouve également le domaine du château de Bellefontaine, résidence au XIXème siècle du prince Troubestzkoï, ambassadeur du Tsar de Russie à Paris, et de ses descendants la famille Orloff.

Le hameau des Plâtreries

Ce hameau comporte une succession de belles demeures, parmi lesquelles "La Pêcherie" qui fut autrefois un restaurant réputé sous le nom de "à la Bonne Matelote".
S'y trouve également la maison qui abrita les amours clandestines de Victor Hugo et de l'épouse du propriétaire de l'époque, François Biard.
L'apparence extérieure de l'Hostellerie du Country Club n'a pas beaucoup changé depuis le début du XXème siècle, ce qui contribue au charme du lieu.

Les villas du bord de Seine

L'entrée dans Samois par les bords de Seine est dominée par les immenses et magnifiques villas, surnommées par l'auteur Françoise Laborde, "Les Affolantes du Bord de Seine" construites entre la fin du XIXème siècle et l'entre-deux-guerres. La première villa, à l'orée de la forêt, "Les Fontaines Dieu" est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

De très belles demeures dominent aussi l'Avauterre, qui est séparé de la Seine par l'île du Berceau, entre le Country Club et la rue du Bas Samois, appelée autrefois "côte pavée".
Dans cette île se déroule à la fin du mois de juin le festival de jazz Django Reinhardt.
Le nom de certaines maisons est tiré de l'histoire de Samois : ainsi le "Port des Nautes" doit son nom aux mariniers, charpentiers, transporteurs fluviaux qui ont fait la fortune de Samois au Moyen-Age.

L'existence du passeur remonte à l'effondrement du grand pont entre Samois et Héricy au XVIème siècle. Il permettait jusqu'au début du XXème siècle de passer d'une rive à l'autre deux fois par semaine. Le passeur motorisé existe toujours, contrairement aux bateaux-lavoirs évoqués par Stéphane Mallarmé dans une de ses lettres.
De même l'écluse de Samois avec son déversoir fixe côté Héricy et son barrage mobile côté Samois a aujourd'hui disparu. La maison du barragiste était dans l'ile aux Barbier.

Le Haut Samois

Ce quartier du village n'a pas non plus beaucoup changé depuis le début du siècle dernier, même si le carrefour de la croix de fer, entre la rue des Martyrs (en hommage aux jeunes gens fusillés aux Trois Pignons peu de temps avant la Libération) et la rue Fouquet, a perdu la croix qui lui a valu son surnom.
Certaines habitations, par exemple dans la rue du Bas Samois, datent du XVIIème et du XVIIIème siècle, la plus ancienne datant du XVème siècle.
L'une d'entre elles fut la dernière résidence du musicien de jazz Django Reinhardt.
Beaucoup de maisons étaient des résidences de week-end au siècle dernier et sont dotées d'une maison de gardien.
Rue Saint Loup, une plaque commémorative est visible sur la façade d'une maison en hommage au lieutenant Alban Dartenay, fusillé en 1944 aux environs d'Oyonnax.

Place de la République et ses rues environnantes

Il n'y a plus aujourd'hui qu'une rangée de marronniers sur la Place la République, la deuxième ayant été abattue pour le passage du tramway Samois-Gare d'Avon mis en place en 1913.
Le bâtiment où se trouve actuellement le Foyer Django Reinhardt, salle multi-activités de l'association du même nom, était auparavant une boulangerie.
Tout à côté, on a peine à croire qu'à la place de la bibliothèque municipale Lo Duca se trouvait un magasin-atelier municipal.
Le bâtiment de la Mairie n'a pas toujours été entièrement dévolu aux services administratifs communaux. Il a servi d'école de 1865, date de sa construction, à 1937, et l'instituteur habitait à l'étage.
La boulangerie et le bâtiment à côté, qui était encore récemment une charcuterie, n'ont pas changé d'aspect depuis le début du XXème siècle. Les emplacements du restaurant "Le Petit Choucas" et du "Marigny" correspondaient déjà à l'époque à des hôtels-restaurants.

La rue du 11 novembre était au début du siècle dernier la rue de l'Hôtel de Ville. Elle aussi comptait et compte encore plusieurs commerces, dont aujourd'hui une épicerie et une librairie.
Il y avait à cette même époque plusieurs commerces et le bureau de Poste rue du Coin Muzard et rue Saint Loup. Aujourd'hui s'y trouve toujours un boucher-traiteur.
La disposition des maisons de la Cour du Rocher est typique des villes neuves du XIème siècle : les maisons étaient regroupées avec leurs dépendances autour d'une cour avec une seule entrée défendue par des tourelles à meurtrières disparues depuis longtemps.

Sur la Place Saint Hilaire, près de l'église, il y avait dans les années 1920 une épicerie et un débit de boisson, remplacés ensuite par un restaurant et par une boîte de nuit fin des années 1960. Plus rien de tout cela n'existe aujourd'hui et la place est ombragée par les tilleuls.

L'église Saint Hilaire - Saint Loup a été fondée en 1068. Saint Loup est traditionnellement le saint patron du village, encore célébré par la fête du village le 1er dimanche de septembre.
Il reste aujourd'hui des vestiges des XIème, XIIème et XIIIème siècles. La nef principale et ses deux nefs collatérales ont été construites au XIXème siècle dans le style du XIIIème siècle.
La statue monolithique de la Vierge à l'Enfant du XIIème siècle et le Christ en croix du XIVème sont classés monuments historiques.
Sont aussi remarquables la grande chasse de Saint Loup en bois sculpté et les fonds baptismaux.
La décoration du chœur par un peintre local représente des angelots inspirés des visages d'enfants de Samois.

Le Rocher de Samois et ses alentours

Le pavillon Magnier, du nom de son constructeur, est situé près de la Tour de Samois. Il recouvre des anciennes pompes qui alimentaient le village en eau potable.
La Tour de Samois a été construite au sommet du rocher en 1879 par Isidore Hébert, sculpteur sur bois, sur un terrain concédé par la commune pendant 25 ans. Il l'a laissée en mauvais état au terme de cette concession. Remise en état et gérée un temps par la commune, son gardiennage est abandonné en 1936. Elle est provisoirement fermée suite à de nombreuses dégradations.
Elle reste cependant, avec les rochers environnants, un site très fréquenté en famille à l'occasion des promenades dominicales.


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